Ferme des 1 000 vaches « Robotiser, je n’y crois pas ! »

Ferme des 1 000 vaches « Robotiser, je n’y crois pas ! »

En mars 2019, nous avons aidé nos collègues de l‘équipe de recherche INTERACT à préparer le séminaire « Évolution Agrotechnique contemporaine ». Cette équipe étudie les processus d’innovation des agriculteurs.
Après avoir rencontré La Ferme aquaponique de l’Abbaye à côté de Rouen, nous sommes allés dans la Somme, près d’Abbeville à la rencontre de la Ferme des 1000 vaches, exploitation controversée qui cessera son activité laitière en janvier 2021.

Retour sur l’interview de Michel WELTER, gérant de l’exploitation

Robotiser je n’y crois pas !

Michel Welter n’est pas convaincu par les robots de traite.
D’après lui, « les robots qui marchent sont tous des robots, où l’éleveur passe un temps fou dans l’analyse de ses données. Je crois que le robot est adapté pour une exploitation familiale de petite taille […] mais quand on grandit, l’automatisation est importante.
Lever la pénibilité est important, mais robotiser je n’y crois pas !
Je pense qu’offrir des emplois permet de faire vivre une société.

On a un rôle social. La robotisation, c’est de l’élitisme ! »

Améliorer la connaissance […] pas remplacer l’homme !

Comment suivre une exploitation aussi grande ? M. Welter nous explique :

« On robotise, on automatise, on a accès à des tas de bio capteurs, des colliers d’activité, les compteurs à lait ultras performants […].
On utilise un maximum d’infos, mais l’idée c’est d’améliorer la connaissance de ce que l’on fait, mais pas de remplacer l’homme pour le faire ! »

Les données récoltées permettent de suivre le troupeau :
« Par exemple, on sait mesurer la distance parcourue (par une vache) et comment elle a parcouru le bâtiment. Cela est un indicateur de santé de la vache. »

Toutes ces connaissances ont permis à l’exploitation d’être plus efficace :

« Quand on a démarré en 2014, il nous fallait 7 h/jour pour nourrir 500 vaches. Aujourd’hui, il nous faut 2 h 30 pour en nourrir 900. C’est la même machine et ce sont les mêmes bonhommes !
Ça, c’est de l’intelligence humaine ! »

Pour M. Welter, la ferme des milles vaches est une ferme comme les autres…en plus grande : « Industrie c’est un gros mot dans le langage français, mais pour moi ça veut dire organisation, rationalisation. On est une ferme de 80 vaches avec un zéro de plus ! »

L’analyse de la rédaction

Ce type d’élevage fait débat. À tort ou à raison… Chacun son avis.
L’exploitation controversée cessera d’ailleurs son activité laitière en janvier 2021.

On retiendra trois choses :

Tout d’abord, dans une telle exploitation, les robots n’ont pas remplacé les hommes. Michel Welter nous expliquait qu’il rêvait de créer un exosquelette pour réduire la pénibilité des salariés.

Ensuite, l’innovation permet avant tout d’améliorer la connaissance pour améliorer son organisation. Le temps gagné par l’automatisation ou la robotisation est souvent remplacé par un temps d’analyse des données.

Enfin, on notera que l’innovation technique n’est pas le seul facteur à prendre en compte pour réussir un projet. Il est également important de considérer toutes les externalités, notamment l’acceptabilité de la société.

De son côté, AgriLab accompagne tous les porteurs de projets, agris ou non, tant que ceux-ci s’inscrivent dans notre 4ᵉ mission « Respect du vivant ».

AgriLab ne fait pas de politique, mais que des prototypes !

Maxime Agnes